L’ancienne église Notre-Dame de la Fin-des-Terres : vérités et approximations romantiques.

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Soulac, c.1858 (Inédit - HD) - L'ancienne église Notre-Dame de la Fin-des-Terres : vérités et approximations romantiques.
Très en vogue dans les années 1980, il n’était pas rare de rencontrer des cartes postales (ici une Elcécolor, « La carte postale de l’amitié »), qui s’inspiraient, avec plus ou moins de libertés⁽¹⁾, d’originaux religieusement conservés. Ces supports ont voyagé, au mieux sans partager la moindre information (comme ici où il est indiqué « Gravure ancienne »), au pire, avec des projections imaginaires, idéalisées voire farfelues⁽¹⁾.
 
Celle que je vous présente aujourd’hui, ressemble à s’y méprendre à une lithographie de Leo Drouyn⁽²⁾ : l’angle est le même mais le traitement est quelque peu différent (personnages, végétation, ensablement, architecture…). L’auteur n’étant lui-même pas non plus avare de quelques réinterprétations subsidiaires, il n’est pas toujours aisé de démêler la réalité de l’imaginaire⁽³⁾.
 
L’originale, eau-forte, parue dans la « Revue Catholique de Bordeaux » en 1883 , et que j’ai déjà partagée ici⁽⁴⁾, permet d’apporter aujourd’hui des éléments vraisemblablement inconnus à l’époque (du moins pour la plupart d’entre nous dans les années 1980), quand la carte voyageait.
 
Revenons brièvement aux alentours de 1839, (le détail de mes recherches se trouve ici⁽⁵⁾).
 
L’église n’a été que très irrégulièrement ensevelie à la veille de sa « redécouverte » et ce n’est pas à un âne (cheval, bœufs et autres petits lapins, comme j’ai pu le lire ou l’entendre), que l’on doit cette « renaissance ». La tour carrée qui servait de balise était aménagée depuis 1833, pour qu’un garde forestier puisse y vivre. Elle était donc très visible, c’était d’ailleurs sa fonction principale !
 
Juste au-dessus de la chambre la plus haute⁽⁶⁾ de cette tour carrée , l’Administration des Forêts avait procédé à la « sécurisation » du toit-terrasse à l’aide d’une rampe en fer sur le pourtour (cf. flèche rouge). Sa présence est indiquée, sur les différents dessins, en 𝐁, qu’ils soient de l’ingénieur architecte G. Durassié en 1846 ou de l’archéologue Léo Drouyn en 1858⁽⁷⁾.
 
Le mât-balise est ici encore absent.
 
Avant d’ériger en mars 1859, cette structure pyramidale au sommet de la tour carrée, la rampe/barrière de fer disparaît au profit d’une élévation des murs d’un mètre environ.
C’est sur cette élévation que se trouvent les fameux anneaux⁽⁸⁾ rapportés par les différentes légendes (de l’âne). Ces anneaux auront donc, selon toute vraisemblance, servi à hisser au sommet, par un système de poulies, les différentes, lourdes et imposantes pièces de la structure pyramidale⁽⁹⁾.
 
© Elisabeth Féghali – Tous droits réservés
 
Notes
⁽²⁾ Ainsi orthographié. "Peintre et graveur" comme il se définit dans ses correspondances.
⁽³⁾ "(...) Dans ce 24e volume, Leo Drouyn, la mémoire et l’imaginaire, on découvre pour la première fois ses fusains, ses suifs grattés et tous les dessins laissés dans des « albums amicorum », les « albums des amis », où l’artiste se plaisait à déposer une trace de son passage, puisant dans sa mémoire visuelle et de dessinateur, des paysages réinterprétés au filtre de ses souvenirs et de son imagination. On y retrouve tout son univers, des arbres, de l’eau, de grands ciels, des ruines de châteaux, de vieilles chaumières à pans de bois : l’expression la plus spontanée et émouvante de son imaginaire poétique."
⁽⁴⁾ Eau-forte de Leo Drouyn (1816-1896) représentant le chevet de Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres.
⁽⁵⁾ Soulac, mars 1859 (Dossier inédit - Révélations) - La vieille église, sa tour carrée, son mât-balise, les fameux anneaux et l'âne faiseur de miracles !
⁽⁶⁾ Élévation principale de la basilique par Durrassié (relevé effectué en 1849).
⁽⁷⁾ Eau-forte de Léo Drouyn (1816-1896) représentant la façade de Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres
⁽⁸⁾ Lithographie de Dieudonné Lancelot, parue en 1864.
⁽⁹⁾ "𝑩𝒂𝒄𝒌 𝑻𝒐 1859" (...ou presque).
Vidéo dans laquelle la structure pyramidale serait installée et transposée au sommet de la basilique de 2024.
© Elisabeth Féghali - Tous droits réservés
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Elisabeth FÉGHALI
Directrice de publication

Médiéviste & historienne,  spécialiste du Liban médiévale et passionnée par Soulac. Ancienne fondatrice et directrice de publication du magazine médiéval Citadelle - un autre regard sur le moyen âge

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